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Raphaël Zacharie de Izarra est rarement aussi rêveur, et romantique qu’au Père Lachaise… Son style, c’est plutôt

Mademoiselle,

Ainsi comme vous me l’avouez, il est flatteur pour vous d’être ma muse et vous voulez que je rende un juste et mérité hommage à votre beauté absente, à la pauvreté de votre éclat, à la tristesse de votre face plus humaine qu’angélique…

Autre inspiration :

« Au Père Lachaise »

En septembre j’aime à errer entre les tombes illustres du Père Lachaise. Je vais y chercher le parfum subtil que dégagent les défunts distingués. Là-bas les marbres ont des allures de Trianon. Un charme désuet hante les lieux. Baroques, exotiques ou d’un classicisme formel, bien des sépultures invitent à la rêverie. Ainsi celle de Chopin avec sa pleureuse taillée dans la pierre blanche, celle de Musset et son saule rachitique, celle de Balzac comme un trophée de chevreuil…

Là, règne la Mélancolie.

Dans les passages étroits, sinueux, on se perd avec délices. Avec parfois une surprise au détour du chemin, une rencontre inespérée. Sur une stèle, on déchiffre un nom depuis longtemps sorti de la mémoire. Un spectre apparaît : poète, grammairien ou historien du temps de nos manuels scolaires. Souvenir de classe de notre enfance, héros poussiéreux de nos lointaines aventures d’écoliers, émouvant insecte desséché des livres d’antan… Sur lequel, à défaut de mettre un visage, on met une pierre brisée, une croix couverte de mousse ou une dalle rongée par le temps.

Les hôtes augustes du cimetière semblent avoir imposé leur temps aux vivants. Car le temps au Père Lachaise s’est figé. Il s’est arrêté au XIXième siècle. Là-bas les morts ont des moeurs surannées. Ils portent encore des cols blancs, lisent des poèmes en alexandrins et pleurent d’amour pour des femmes en robes longues.

 

Mortelle attente par etoileizarra