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1885-1972 Division 3   

Je suis Jules, Jules Romains. Je suis prêt de l’entrée du cimetière, et j’observe les visiteurs, en recherche des « hommes de bonne volonté ». Ce titre, c’est le nom de mon œuvre, que j’ai commencé au début du siècle (le XXème évidemment !). 27 volumes… et le 1er commence à Paris. J’aime Paris. D’ailleurs, j’ai fait mes études au Lycée Condorcet, puis à Normale Sup.

Je me mets dans la peau de mes personnages, et à partir de là, je vis et je fais vivre le lecteur au travers d’eux : des mariages, des états d’âme, des morts, des événements politiques ; j’explore les pensées de chacun… entre nous, c’est ce que j’essaie de faire encore et toujours, à partir de cette Avenue Principale où je me trouve. Mais ce n’est pas pour traquer les gens, au contraire, c’est pour essayer de comprendre de quelles pensées personnelles se compose l’âme collective. J’ai appelé cela « l’unanimisme ».

Bon, je vous laisse partir, car je sais bien que ce n’est pas pour entendre un vieil académicien conservateur que vous êtes venus.

Un instant ! Allez lire quand même « Les copains » : ils vont mettre le boxon dans deux sous-préfectures de province. Il y a de l’amitié, de la grande rigolade. Quand l’ami Bénin se fait passer pour un théologien qui vient du Vatican, le Père Lathuile, et qu’il incite les jeunes de la paroisse à se décoincer un peu, vous voyez ce que je veux dire… Vous trouverez la vidéo du sermon par Philippe Noiret sur Dailymotion. Génial ! « Dieu vous a confié un champ ne vous contentez pas d’un labourage superficiel… »

Eh ben, ciao, c’était le bon vieux temps.

Un extrait des « copains » :

« On ne sait pas ce que ce que c’est que l’amitié.
On n’a dit que des sottises là-dessus. Quand je suis seul, je n’atteins jamais à la certitude où je suis maintenant. Je crains la mort. Tout mon courage contre le monde n’aboutit qu’à un défi.

Mais, en ce moment je suis tranquille.
Nous deux, comme nous sommes là, en bécane, sur cette route, avec ce soleil, avec cette âme, voilà qui justifie tout, qui me console de tout.
N’y aurait-il que cela dans ma vie, que je ne la jugerais ni sans but, ni même périssable.
Et n’y aurait-il que cela, à cette heure dans le monde, que je ne jugerais le monde ni sans bonté, ni sans Dieu.
Lorsqu’un fils de l’homme connait un seul jour cette plénitude, il n’a rien à dire contre son destin. »

 

Wikipedia (Eng.)

Jules Romains, born Louis Henri Jean Farigoule (August 26, 1885 – August 14, 1972), was a French poet and writer and the founder of the Unanimism literary movement. His works include the play Knock ou le Triomphe de la médecine, and a cycle of works called Les Hommes de bonne volonté (Men of Good Will).

Jules Romains was born in Saint-Julien-Chapteuil in the Haute-Loire but went to Paris to attend first the lycée Condorcet and then the prestigious École normale supérieure. He was close to the Abbaye de Créteil, a utopian group founded in 1906 by Charles Vildrac and René Arcos, which brought together, among others, the writer Georges Duhamel, the painter Albert Gleizes and the musician Albert Doyen. He received his agrégation in philosophy in 1909.

In 1927, he signed a petition (that appeared in the magazine Europe on April 15) against the law on the general organization of the nation in time of war, abrogating all intellectual independence and all freedom of expression. His name on the petition appeared with those of Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Séverine… and those of the young Raymond Aron and Jean-Paul Sartre from the École normale supérieure.

During World War II he went into exile first to the United States where he spoke on the radio through the Voice of America and then, beginning in 1941, to Mexico where he participated with other French refugees in founding the Institut Français d’Amérique Latine (IFAL).

A writer on many varied topics, Jules Romain was elected to the Académie Française on 4th of April 1946, occupying chair 12 (among the 40 chairs in that august academy). In 1964, Jules Romains was named citizen of honor of Saint-Avertin. Following his death in Paris in 1972, his place, chair 12, in the Académie Française was taken by Jean d’Ormesson.

Jules Romains is remembered today, among other things, for his concept of Unanimism and his cycle of novels in Les Hommes de bonne volonté (The Men of Good Will), a remarkable literary fresco depicting the odyssey over a quarter century of two friends, the writer Jallez and politician Jerphanion, who provide an example in literature of Unanimism.

Unanimism

Romains originally considered unanimism to mean an opposition to individualism or to the exaltation of individual particularities; universal sympathy with life, existence and humanity. In later years, Romains defined it as connected with the end of literature within « representation of the world without judgement », where his social ideals comprise the highest conception of solidarity as a defense of individual rights.

Romains in Popular Culture

The Red Envelope catalog company, in their 2007 Holiday catalog, surprisingly featured Les Createurs on the cover in a photograph, showing a female model playfully frustrated with her husband, a male model posing as a detached intellectual, half-heartedly helping her to decorate the Christmas tree, while his attention is focused on reading Les Createurs.

Noiretspeechweb par Yannosh